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Les créateurs en appellent aux Nations Unies pour
obtenir une rémunération équitable

Les créateurs ont lancé hier un appel aux Nations Unies pour défendre le principe d'une rémunération équitable pour les créateurs dans le marché numérique.

 

S'exprimant au nom de la Confédération Internationale des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs (CISAC) dans le cadre d'un débat d'experts organisé aux Nations Unies à New York le 27 avril à l'occasion de la Journée de la propriété intellectuelle de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) sur le thème ‘Get Up. Stand Up: For Music’, l'auteur-compositeur Eddie Schwartz, Co-Président de Music Creators North America (MCNA) et Président de l'Association des auteurs-compositeurs canadiens (SAC), a affirmé que les auteurs de musique, compositeurs et paroliers ont vu la valeur de leurs œuvres décliner ces dix dernières années et leur rémunération fondre à cause des déséquilibres du marché.

 

« Les technologies numériques permettent aux œuvres de l'esprit de circuler partout dans le monde comme jamais auparavant. Grâce à Internet, les créateurs de musique d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine peuvent profiter d'un accès instantané et universel aux publics européen et nord-américain. Pourtant, ironiquement, cet accès sans précédent à un public mondial n'a pas eu d'impact positif sur les revenus des créateurs. Au contraire, il réduit la valeur de nos œuvres », a déploré E. Schwartz.

 

Faisant part de son expérience personnelle, il a ajouté : « Au XXe siècle, à l’époque des supports physiques, quelqu'un comme moi, grâce à quelques grands succès et le million de disques que j'ai vendus, aurait pu vivre confortablement avec le revenu d’un membre de la classe moyenne. Aujourd'hui, à l'ère numérique du XXIe siècle, un million d'écoutes en streaming me rapporte 35$, c.-à-d. le prix d'une pizza. Alors qu'il leur est de plus en plus difficile de gagner leur vie, le nombre de créateurs de musique professionnels aux États-Unis est en nette régression. Faut-il vraiment que les personnes qui créent de la valeur grâce à leurs œuvres musicales continuent de toucher trois fois rien alors que celles qui tirent profit de ces œuvres touchent quasiment tout l'argent qu'elles génèrent ? », a-t-il demandé.

 

Selon E. Schwartz, l'une des solutions qui permettrait de remédier au problème consisterait à développer les modèles de « musique équitable » (Fair Trade Music), en référence au mouvement lancé l'année dernière par une coalition mondiale de créateurs. « L'objectif de Fair Trade Music est de créer plus d'équité dans la façon dont les créateurs sont rémunérés dans l'univers numérique », a-t-il expliqué. « Nous devons adopter un système éthique, équitable et durable pour permettre le développement de cette nouvelle chaîne de valeur, afin que les œuvres de ceux qui consacrent leur vie à la création n'aient pas une valeur proche de zéro. En tant que créateurs, nous pensons que le droit d'auteur et tout autre instrument juridique visant à protéger les auteurs sont le meilleur moyen de s'assurer que les créateurs sont traités équitablement, que leurs œuvres sont protégées et que la diversité culturelle est préservée. »

 

E. Schwartz a invité les Nations Unies et leurs États membres à encourager les systèmes de rémunération équitable et à créer de solides cadres de protection légale afin de garantir un traitement équitable aux créateurs, permettre l'émergence de nouvelles générations d'auteurs et dynamiser la croissance économique dans tous les pays. « Nous avons besoins que les responsables politiques s'investissent pleinement à nos côtés », a-t-il conclu.

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